Relances par email. Conventions à retrouver dans un dossier partagé. Attestations qui arrivent au compte-gouttes. Tableur Excel qui plante au moment de sortir les chiffres pour la direction. Je connais ce quotidien par cœur. C’est celui de pratiquement tous les responsables formation que j’accompagne depuis 2018. Et franchement, il existe une sortie de secours : le logiciel de gestion de la formation.
L’essentiel sur les logiciels de gestion formation
- Les PME perdent en moyenne 142 jours de travail par an sur l’administratif pur
- Un TMS centralise convocations, émargements et reporting dans un seul outil
- L’erreur classique : sous-estimer le temps de paramétrage initial (comptez 2-3 semaines de plus)
- TMS ≠ LMS : le premier gère l’administratif, le second diffuse les contenus pédagogiques
Le quotidien du responsable formation sans outil dédié
J’ai accompagné Sophie l’année dernière. Responsable formation dans une ETI industrielle de 280 salariés près de Lyon. Quand elle m’a contacté, elle passait trois jours par semaine sur la gestion administrative. Pas sur l’accompagnement des collaborateurs. Pas sur la stratégie compétences. Juste sur de la paperasse : relances organismes, conventions à récupérer, attestations à archiver, données à ressaisir dans trois fichiers différents.
142 jours/an
temps consacré à l’administratif dans les PME françaises
Ce chiffre vient d’une étude récente sur le temps administratif réalisée par Iterop. Cent quarante-deux jours. C’est presque six mois de travail engloutis dans des tâches sans valeur ajoutée. Pour Sophie, ça représentait concrètement des soirées à rattraper les convocations non envoyées, des week-ends à boucler le reporting trimestriel.

Ce que les responsables formation me disent systématiquement : « Je suis devenu gestionnaire de fichiers Excel, pas développeur de compétences ». Et ils n’ont pas tort. Quand vous passez 60% de votre temps à vérifier que l’émargement a bien été signé ou que la convention est revenue tamponnée, vous n’êtes plus dans votre cœur de métier.
Ce qu’un logiciel de gestion de la formation change concrètement
Soyons clairs : un TMS (Training Management System) n’est pas une baguette magique. C’est un outil. Mais un outil qui automatise ce qui vous mange vos journées. Selon l’analyse des bénéfices concrets d’un TMS par Elevo, les équipes RH sont libérées des tâches répétitives : convocations, inscriptions, relances. Tout part automatiquement.
Concrètement, ça ressemble à quoi ? Voici ce que j’ai observé chez Sophie après six mois d’utilisation d’un logiciel de gestion de la formation :
Avant : 3 jours par semaine sur l’administratif, 4 fichiers Excel à maintenir, relances manuelles auprès de 12 organismes, reporting mensuel qui prend une journée entière.
Après : Une demi-journée par semaine, un seul tableau de bord, relances automatiques, reporting généré en deux clics.

D’après les chiffres clés formation 2024 publiés par Skillup, les TMS permettent de libérer les RH des tâches chronophages. Mon avis (qui n’engage que moi) : le vrai changement, c’est que vous redevenez un partenaire stratégique de la direction au lieu d’être perçu comme un gestionnaire de paperasse.
Ce qui me surprend toujours : les responsables formation pensent que la centralisation est le bénéfice principal. En réalité, c’est le pilotage par la donnée qui transforme leur quotidien. Quand votre DG vous demande le taux de réalisation du plan de formation, vous répondez en trente secondes au lieu de passer trois heures à consolider des fichiers.
Les erreurs qui plombent un projet de déploiement
Attention au piège classique du « on verra plus tard pour le paramétrage ». Dans les projets que j’ai accompagnés, la sous-estimation du temps de nettoyage et d’import des catalogues formation génère systématiquement deux à trois semaines de retard. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon la taille du catalogue et la qualité des données existantes.
Attention : Ne lancez jamais un déploiement sans avoir audité vos données sources. J’ai vu des projets s’enliser parce que personne n’avait vérifié que les codes organismes étaient cohérents entre les fichiers Excel.
Sur le terrain, la réalité est simple : un déploiement bien préparé prend environ six à huit semaines. Un déploiement mal préparé peut traîner quatre mois. La différence ? L’audit préalable de vos données et l’implication d’un référent interne dès le départ.
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Réunion de cadrage et audit de l’existant -
Paramétrage et imports tests -
Formation de l’équipe RH -
Go-live avec support renforcé -
Autonomie complète
Conseil terrain : Avant toute démo avec un éditeur, faites l’exercice de chronométrer une semaine type. Combien de temps sur les relances ? Sur le reporting ? Sur les inscriptions ? Ces chiffres serviront à évaluer le ROI réel.
L’erreur que je vois le plus souvent : vouloir tout digitaliser d’un coup. Commencez par un périmètre restreint (les formations obligatoires par exemple), rodez vos process, puis élargissez. Cette approche progressive évite les résistances internes et permet d’identifier les ajustements nécessaires. Pour approfondir cette logique, consultez ce guide sur la gestion efficace de vos programmes de formation.
Vos questions sur les logiciels de gestion formation
Quelle différence entre TMS et LMS ?
Selon l’analyse Cegos sur TMS et LMS, la distinction est simple : le TMS (Training Management System) gère l’administratif (planification, suivi budgétaire, organisation), tandis que le LMS (Learning Management System) gère la diffusion des contenus pédagogiques en ligne. L’un pilote la logistique, l’autre pilote l’apprentissage.
Combien de temps pour déployer un TMS ?
Sur les projets que j’accompagne, comptez six à huit semaines pour un déploiement standard. C’est rarement pile ce délai : ça dépend de la qualité de vos données existantes et de la disponibilité de votre équipe projet. Prévoyez deux à trois semaines de marge pour le nettoyage des catalogues.
Un TMS peut-il s’intégrer à mon SIRH existant ?
Dans la plupart des cas, oui. Les TMS modernes proposent des connecteurs API avec les principaux SIRH du marché. La synchronisation évite les doubles saisies et garantit la cohérence des données collaborateurs. Vérifiez ce point dès la phase de sélection.
À partir de quelle taille d’entreprise un TMS est-il utile ?
Franchement, en dessous de 50 salariés et moins de 30 formations par an, Excel peut suffire. Au-delà, la charge administrative explose et le TMS devient rentable. C’est une fourchette indicative : j’ai vu des structures de 80 personnes très bien organisées sans TMS, et des PME de 40 personnes noyées sous la paperasse.
Comment convaincre ma direction d’investir dans un TMS ?
Commencez par chiffrer votre temps actuel. Trois jours par semaine sur l’administratif, c’est 120 jours par an. Multipliez par votre coût journalier. Ensuite, présentez les gains attendus : temps récupéré, erreurs évitées, conformité réglementaire sécurisée. Les directions comprennent les chiffres, pas les promesses vagues.
Pour aller plus loin : Adopter un TMS n’est pas une fin en soi. C’est un levier pour reprendre la main sur votre temps et recentrer votre mission sur l’accompagnement des collaborateurs.
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question pour la suite : combien de temps passez-vous vraiment sur des tâches que vous pourriez automatiser ? Si la réponse vous surprend, explorez les étapes pour identifier votre formation et structurer votre démarche de transformation.
